Comme Maurice Allais en son temps, eux aussi,
personne ne les a écoutés... Et après on se plaint que l'économie est
atone. Moi je dis qu'ils n'ont que ce qu'ils méritent. Le souci, c'est
que c'est NOUS qui allons payer les pots cassés de leur fanatisme politique... Enfin, je vous rassure, ça doit bien en arranger certains....
Paul Krugman
Une
saine colère populaire sanctionnera un jour la politique aberrante
imposée depuis bientôt sept ans par la classe dirigeante européenne.
Sept ans d’austérité, sept ans de malheur… Les derniers chiffres sont
accablants. L’économie de la zone euro a cessé de croître depuis
six mois et se retrouve confrontée au spectre de la déflation, promesse
de souffrances supplémentaires. C’est la seule région du monde qui
conjugue des déséquilibres financiers dangereux, une production
stagnante et un chômage de masse. Nombre d’économistes, dont quelques
Prix Nobel - Stiglitz, Krugman, qui ne sont pas des populistes échevelés
-, l’avaient prédit ; le FMI a fini par le reconnaître : il était
destructeur d’ajouter au cilice d’une politique monétaire restrictive
le carcan de l’austérité budgétaire.Par dogmatisme - et par avidité -, l’oligarchie continentale a passé outre, jugeant que les intérêts de la finance - c’est-à-dire les siens - devaient l’emporter sur ceux du peuple. La Banque centrale européenne a étranglé la croissance ; les oukases budgétaires de Bruxelles l’ont achevée. Certains ont pris conscience de cette aberration, à l’exemple de Mario Draghi, le patron de la BCE. Mais le mal était fait. L’erreur de François Hollande ? Tomber dans ce piège orthodoxe. Certes, on ne pouvait laisser filer sans fin les déficits et vivre à crédit. Certes, il fallait des réformes, dont plusieurs ont été engagées avec détermination. Mais il fallait aussi rompre avec le marasme européen et les dogmes de la finance, cet adversaire désigné pendant la campagne. L’austérité sans résultats anémie le pays et désespère la gauche. Est-il trop tard pour réagir ? Les remèdes sont connus : relance européenne, assouplissement monétaire, réformes de structure et report des objectifs budgétaires. Il reste une petite chance…
Source : Liberation.